Commémoration de la fin de la guerre d'Algérie 2018.

 

Pour la troisième fois nous sommes rassemblés à l'entrée de cette rue dont le nom fut changé par le maire de la ville en 2015, pour être remplacé par celui d'un commandant qui a fait le choix de ne pas obéir aux décisions du gouvernement de l'époque.

 

Le colonialisme a toujours mis entre parenthèse les principes de la République . C'est une marque constante. En 1875 la toute nouvelle 3° république publie, un monstre juridique pour instaurer un système qui annule le caractère Universel de la déclaration des droits de l'Homme publié 83 ans plus tôt en 1792, il s'agit du Code de l'Indigénat »

 

Internement administratif, responsabilité collective, appliquée à des populations entières, séquestre de propriété « indigènes » et confiscation de celles ci au profit des colons, tels étaient les mesures qui réglaient la vie quotidienne des sujets français Musulmans.

 

Quelques mots de Aimé Cézaire qui en 1955 dresse le bilan de l'aventure coloniale française. « C'est le grand reproche que j'adresse au pseudo-humanisme : d'avoir trop longtemps rapetissé les droits de l'homme, d'en avoir eu, d'en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste. «  Sécurité ? Culture ? Juridisme ? En attendant, je regarde et je vois, partout où il y a face à face colonisés et colonisateurs, la force, la brutalité, la cruauté,le sadisme, le heurt et , en parodie de la formation culturelle, la fabrication hâtive de quelques milliers de fonctionnaires subalternes, de boys, d'artisans, d'employés de commerce et d’interprètes nécessaires à la bonne marche des affaires. J'ai parlé de contact. Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, l'impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masse avilies. Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourme, en chicote et l'homme indigène en instrument de production.

Ce tableau dépeint par Aimé Cézaire, hélas correspond bien à la réalité coloniale.

C'était loin d'être le paradis.

 

Ce dimanche, cette commémoration se déroule en même temps dans de nombreux village de France très officiellement. Demain la FNACA fera officiellement sa commémoration dans le département.

 

Ces anciens combattants expriment justement le sacrifice de toute une génération pour le crime colonial. Nous avons un combat a mener pour que le colonialisme, l'impérialisme même soit mis mis aux oubliettes de l'histoire. Ce combat, les pacifistes doivent le poursuivre car « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre." -Winston Churchill-.

Quelques militants étaient présents ainsi que Aimé COUQUET conseiller municipal de Béziers et Nicolas COSSANGE Conseiller Régional

La rue a été rebaptisée par une nouvelle plaque