En 2015, il y a 2ans, le samedi 14 mars nous étions , entre 500 et 1000 manifestants pour  protester contre le  changement de baptême de la rue du 19 mars 1962.

Les biterrois que nous sommes, ont voulu faire entendre leur désaccord avec le maire, sa majorité et aussi avec le député UMP de la ville.

De nombreuses organisations, syndicats, associations et partis politiques anticolonialistes se sont unis dans l'action. Les victimes de l'OAS étaient avec nous, je pense entre autre à JF Gavoury qui a apporté une contribution essentielle à notre mouvement. Notre action avait eu un large écho dans la presse.

Notre rassemblement d'aujourd'hui se veut complémentaire à la commémoration des anciens combattants d'Algérie qui participent aux cérémonies de Sète puis dans les différentes communes du département.

Depuis 2015, nous avons assisté aux débats du tribunal administratif de Montpellier que nous avions saisi pour un recours contre le changement de nom de la rue. Le tribunal n'a pas reconnu aux associations la possibilité de faire un recours, tout comme aux amis JF Gavoury et David Garcia et l'élu communiste Aimé Couquet.

  * Remettre en cause la date du 19 mars 1962, c'est remettre en cause la loi de décembre 2012 qui a proclamé que cette date soit retenue comme journée nationale du souvenir et de recueillement en mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

Nous sommes pacifistes et nous dénonçons ce qui à conduit les peuples dans une guerre abominable qui a détruit, a causé des morts et laissé des traumatismes dans les mémoires. Il s'agit du colonialisme.

Le colonialisme a marqué l'histoire durant des siècles, nous voulons en finir avec cette façon d'opposer les peuples dans la violence et les rapports de domination / soumission par la violence. Le colonialisme est un crime en ce sens qu'il tourne le dos à la déclaration des droits de l'Homme, à la justice. L'émancipation des peuples à besoin de paix. L'oppression des populations colonisées était codifiée par le code de l'indigénat qui ne leur donnait que des obligations, qui se situait plus près de l'esclavage que de la citoyenneté.

Tout un vocabulaire a été mis en place pour justifier cette situation. Ce qu'on a appelé les opérations de maintient de l'ordre a finalement été reconnu comme une véritable guerre qui n'a apporté aucune solution, au contraire. C'est ajoutée à cette guerre l'activité de l'OAS (l'Organisation de l'Armée Secrète) qui a ajouté des crimes au crime. La guerre, c'est le contraire de la justice, elle détruit, elle tue, et laisse derrière elle des traumatismes et des haines pour des décennies.



Nous devons dénoncer les utilisations politiques, clientélistes de ces traumatismes qui entretiennent le racisme dans les têtes. C'est sur ce triste héritage que le Front National construit son idéologie, mais hélas il faut bien le dire, il trouve ses complices chez ceux qui sont nostalgiques de cette période de l'histoire.

Nous avons encore une de grandes tâches qui nous attendent pour déconstruire ces idéologies qui sont mises en place pour diviser les peuples pour mieux les soumettre et tirer les profits de leurs exploitations, de leurs aliénations ( pour reprendre une expression d'Arthur Rimbaud ).





Nous ne sommes pas seuls à manifester. A Baucaire aussi, se déroule aujourd'hui une manifestation pour garder le nom d'une rue du 19 Mars 1962 qui à été débaptisée « Rue du 5 juillet 1962, Massacre d’Oran, à nos morts ». Décidément les villes FN se copient dans leurs politiques, elle utilisent les souffrances et les peurs et tournent le dos à la culture de Paix.

Nous dénonçons la banalisation ainsi que les tentatives de légitimisation des crimes de l'OAS. Nous n'oublions pas les bombes posées à Béziers revendiquées par elle. Il s'en ait fallu de peu qu'elles fassent des victimes comme nous l'a rappelé un biterrois parlant de sa à la manifestation du 4 mars.

 

Nous ne sommes pas seuls non-plus en France puisque ce 19 mars se déroule aussi à Paris place de la Nation et dans d'autres villes des Marches pour la Dignité et la justice dans le cadre de la 12eme semaine contre le colonialisme et le racisme

Dans ce cadre de la 12ème Semaine anticoloniale, les associations et mouvements anticolonialistes appellent à manifester ce dimanche 19 mars pour la Justice et la Dignité parce que :

-  Doit être soutenue la revendication légitime de Vérité et de Justice portée par les familles victimes de violences policières.

-  Sont inacceptables la banalisation des discours, des actes racistes et leur caractère structurel

-  Les droits démocratiques doivent être défendus face à l’Etat d’urgence et des mesures liberticides qui touchent particulièrement celles et ceux qui subissent le racisme.

-  L’accueil des migrant-e-s et réfugié-e-s dans des conditions dignes et la régularisation de tous et toutes les sans-papiers doivent être opposés à l’Europe forteresse. 

Dans ce cadre, se déroulera un cortège anticolonial :

Contre le nouvel ordre colonial :

- Pour le droit des peuples à l’indépendance contre le colonialisme, en Palestine, au Sahara Occidental

- Pour le droit à l’autodétermination des peuples kurde, tamoul

- Pour la décolonisation et les droits politiques, économiques, sociaux et culturels des dernières colonies françaises, en Kanaky, Polynésie, dans les Caraïbes et l’Océan indien.

- Contre le néocolonialisme et la Françafrique, les dictatures soutenues par la France, la corruption et les biens mal acquis.

- Pour la souveraineté des peuples, contre l’accaparement des terres, le pillage des ressources naturelles, la dette financière et écologique.

- Contre la guerre et les interventions militaires en Afrique et au Moyen - Orient, les exportations d’armes et pour le démantèlement des bases militaires françaises à l’étranger.

  Marchons contre « la guerre des civilisations », pour un monde d’égalité, de justice, de paix, de liberté et de démocratie !

Pour la Vérité, justice et dignité pour les victimes du colonialisme et du racisme :

- Pour l'abrogation complète de la loi du 23 février 2005 qui proposait d’imposer à l’Éducation nationale d’enseigner aux élèves le « rôle positif de la présence française en Afrique du Nord »

- Pour la reconnaissance des crimes colonialistes par la France : création d’un lieu du souvenir à la mémoire de celles et ceux qui furent assassinés, l’ouverture de toutes les archives relatives à ces différents événements et la reconnaissance de ces crimes de guerre et de ces crimes d’Etat.

- Pour la suppression du "visa Balladur" responsable de plus de 10 000 morts au large de Mayotte ainsi que des milliers d’expulsions annuelles dans l’île de Mayotte !



  * Notre ville de Béziers est une ville qui a été marquée par son activité républicaine, de tolérance et de respect de ses concitoyens. La ville a construit des logements pour accueillir les nombreux rapatriés. Cette ville de Béziers de par son histoire et sa situation a toujours été une terre d'accueil et de savoir vivre ensemble. Depuis les Cathares la tolérance et la coexistence des pratiques religieuses fait partie de l'histoire de cette ville. C'est un outrage à Béziers, la ville de J Moulin qui est fait par cet acte de haine fait par la municipalité Ménard.



 Ce qui est révoltant, c'est l'utilisation de cette souffrance à des fins politiciennes, des ambitions sordides. Au lieu de panser les plaies, on manipule les esprits pour les remettre à vif et mettre en avant un ennemi désigné à l'avance.

 Les peuples n'aiment pas la guerre, ils aspirent à la paix. On croit se battre pour la patrie et on se bat pour les banquiers, les marchands d'armes en résumé les capitalistes.

C'est en divisant la population, en montant les esprits les uns contre les autres sur des mensonges qu'on divise la population pour mieux la manipuler. C'est vérifié dans toutes les guerres.

 

Robert Ménard veut nous entraîner dans un siècle déjà passé dans une autre époque. Aujourd'hui la planète est un village et l'Humanité doit être fraternelle, pour les peuples colonisés, pour les soldats et les peuples colonisateurs qui n'auront de prospérité que dans une paix. Il n'y a pas de solution durable par les armes. Aujourd'hui les gens vont et viennent des deux cotés de la Méditerranée, se lient d'amitiés et parfois même se marient et fondent des familles. Les échanges économiques vont bon train. Les relations politiques, culturelles confortent la paix entre les peuples. 

 En conclusion permettez moi de citer De Gaulle :

« Qui sait même si la lutte qui termine et le sacrifice des morts tombés des deux côtés n'auront pas, en définitive, aidé les deux peuples à mieux comprendre qu'ils sont faits, non pour se combattre, mais pour marcher fraternellement ensemble sur la route de la civilisation ? »

Alors nous sommes là pour dire que nous voulons entendre parler de paix, entendre parler de « Culture de Paix » comme l'UNESCO vient de le définir pour ce 21° siècle.

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